Quelquefois les mots me dépassent
Commentaire de annne vendredi 3 février 2012 12:38 sur V.J. lien
L'étrangeté des
mots (l'être en jetée des mots…)
Quelquefois les mots me dépassent: je les relis et tombe dedans.
Je dis: j'ai écris ça ? Qui a écrit ça ? La pensée a écrit à travers moi…les autres…quelque chose dehors, a impulsé mes mots…c'est compliqué
parce qu'il n'y a plus rien de distinct là dedans: ni moi, ni les autres, ni les mots, ni la pensée ..et tout finit par se mélanger dans des colliers de mots
qui s'enfilent tous seuls on dirait…et pourtant non, pas tous seuls. On dirait un concert et on ne distingue plus les musiciens, on entend seulement une
musique…Plus prosaïquement, ça fait d'excellents soupes de mots parfois…elles ont la saveur de l'amour. C'est une chant, un accord, un élan,
une vague qui s'élève…mais elle finit toujours par mourir…et quelquefois c'est le calme plat : plus de mots, je les cherche… mais ils ont disparu ! Alors encore cette impression de
mourir qui m'étreint: j'observe pourtant que je suis encore là, je suis sans les mots…alors je les oublie, je les oublie quelque temps, jusqu'à ce qu'une
nouvelle vague me surprenne… et je la prends de plein fouet : je roule avec son rouleau, je suis au coeur de sa vague, indistinctement mélangée à son écume
et à tout ce qui la compose…quand la vague s'élève, je ne suis plus là: juste perdue au sein d'une immensité et je deviens un point. Juste un
point.
Quand j'écris j'ai rien à faire…je dis oui aux vagues qui s'élèvent
En fait, je crois que j'écris à cause de la mer : il y a dans mes mots le roulis du bateau de mon père, les éclats de lumière des étoiles, les
éclairs perdus dans les yeux des gens, le sable laissé par les mots des autres, et… l'envie d'embrasser que reflètent les rayons du soleil…Autant dire que
les mots sont étranges: parce qu'ils n'existent pas réellement…et pourtant …
Réponse de Vieux Jade le même jour à 13h52
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L'être en jetée, c'est beau, et les mots qui s'y fracassent...l'origine du monde n'est pas le sexe féminin qu'a peint Courbet, mais le Verbe, le Logos, la bouche d'ondes formatrices. A notre niveau, ce sont les mots qui consolident, créent ou représentent le réel.
C'est pourquoi le mensonge est intolérable, et qu'on le repère, même sous des mots bien lisses et rasés de près.
D'ailleurs, souvent la vérité gueule à tue-tête...